La ministre du transport, Lisa Raitt, réflete sur les particularités du transport et la filière énergétique

L’honorable Lisa Raitt a été nommée au cabinet du gouvernement Harper après son élection à la Chambre des communes en 2008. Aujourd’hui, elle est ministre des Transports, et a auparavant été nommée ministre des Ressources naturelles et ministre du Travail. Il y a quelques semaines, la ministre Raitt a accepté de participer à une entrevue pour le magazine Énergie. J’ai saisi l’occasion pour soulever un certain nombre de sujets d’intérêt pour nos lecteurs. Voici une transcription de cette entrevue.

Tout récemment, le ministre Findlay et vous-même avez tenu une discussion sous forme de table ronde à Vancouver avec les partenaires de l’Initiative de la Porte et du Corridor de l’Asie-Pacifique. C’est un sujet important pour le gouvernement. Qu’est-il ressorti de cette rencontre? 

Je participe aux travaux de l’Initiative de la Porte et du Corridor de l’Asie-Pacifique depuis la fin des années 1990, mais c’est notre gouvernement qui, il y a huit ans, a réellement reconnu l’importance de cette initiative, s’y est engagé et l’a financée. L’IPCAP consiste à réunir les principaux intéressés, soit les transporteurs, ceux qui supervisent le transport et ceux qui l’utilisent, de façon à rationaliser le mouvement des biens et à discuter des tendances, des nouvelles possibilités et des défis pour le système de transport du Canada.

Lors d’une récente rencontre à Vancouver, nous avons réellement constaté les fruits de notre travail des huit dernières années, car davantage de contenants sont acheminés à partir de Vancouver et de Prince Rupert. Mais, nous ne pouvons nous arrêter là. Dans le cadre des discussions qui ont eu lieu à Vancouver, nous avons mis l’accent sur le fait que nous devons continuer à travailler ensemble pour mettre en place le cadre d’action voulu et traiter de façon sécuritaire et efficace le volume des échanges commerciaux, particulièrement en ce qui a trait aux ressources naturelles prospères du Canada. Le mouvement sécuritaire et efficace de ces produits est crucial à la future prospérité économique du Canada.

Ce que vous mentionnez au sujet du mouvement des contenants dans les zones portuaires est fondamental pour veiller à ce que les biens soient acheminés à temps au bon endroit. Croyez-vous que le public comprend l’importance des corridors, qu’il s’agisse d’un pont au Canada central ou d’un port clé sur la côte Est ou Ouest, pour ce qui est d’assurer la prospérité économique actuelle et future de notre pays?

À l’échelle locale, je crois que les Canadiens reconnaissent que lorsqu’il y a une activité portuaire accrue ou continue, la prospérité économique de ce secteur connaît une poussée. Je crois également qu’à l’échelle nationale, les propriétaires d’entreprises et les clients de partout au Canada comprennent que le mouvement inefficace de contenants ou de camions peut avoir une incidence sur la fourniture de marchandises et la capacité de répondre à la demande.

Raitt croit que les Canadiens reconnaissent que lorsqu’il y a une activité portuaire accrue ou continue, la prospérité économique de ce secteur connaît une poussée.

Raitt croit que les Canadiens reconnaissent que lorsqu’il y a une activité portuaire accrue ou continue, la prospérité économique de ce secteur connaît une poussée.

La sécurité des transports, et plus particulièrement le transport sécuritaire du carburant par voie ferroviaire, est l’une de vos principales préoccupations. Cette question prend de l’ampleur pour l’industrie énergétique, car le transport par rail pourrait être de plus en plus utilisé comme corridor de transport du carburant. Quelle a été la réalisation la plus importante ou essentielle dans ce domaine? 

Nous avons vécu une situation particulièrement éprouvante en juillet 2013 à Lac-Mégantic, au Québec.  Elle a nécessité une intervention rapide du gouvernement sur deux fronts. Il nous fallait d’abord collaborer avec les résidents de Lac-Mégantic pour procéder à un nettoyage et les aider à reconstruire leur collectivité.

« La sécurité et la sûreté sont une priorité absolue ».

Nous avons un rôle essentiel à jouer pour faire en sorte que le transport des marchandises dangereuses se fasse en toute sécurité au pays. La sécurité et la sûreté sont une priorité absolue. Par suite de l’enquête sur les circonstances entourant cet événement, il est devenu clair qu’il existait des lacunes à combler, et nous nous y sommes attachés rapidement. Je crois que la réalisation la plus importante de l’année qui vient de s’écouler est la rapidité avec laquelle nous avons répondu au Bureau de la sécurité des transports. Transports Canada, d’autres ordres de gouvernement, la Fédération canadienne des municipalités, des partenaires internationaux et d’autres intervenants ont déployé des efforts soutenus pour utiliser les constatations de l’enquête et les mettre en œuvre aussi rapidement que possible. Nous avons également pris les devants sur la scène mondiale pour ce qui est de la manière dont nous avons donné suite à cet incident, car des changements fondamentaux devaient être apportés au transport par rail du pétrole brut. Nous continuons d’étudier le rapport final du Bureau de la sécurité des transports et prendrons les mesures voulues, y compris tenir compte des enjeux importants soulevés dans le rapport au sujet de la surveillance que doit exercer Transports Canada.

 

Lorsque nous parlons de corridors de transport de l’énergie, nous pensons habituellement aux pipelines ou aux fils électriques. Toutefois, le transport ferroviaire, routier et maritime est de plus en plus perçu comme une façon efficace et abordable de livraison de l’énergie. Quelle est votre opinion ou votre perception de la manière dont ces différents modes de transport sont intégrés et de l’efficacité  avec laquelle les infrastructures de transport jouent un rôle essentiel pour ce qui est de diriger la croissance économique?

Un groupe d’experts, sous la tutelle de David Emerson, effectue un examen de la Loi sur les transports au Canada et se penche précisément sur cette question. Pour que le Canada signe des accords commerciaux internationaux afin de vendre ses produits à l’étranger et d’importer des biens de consommation, il est essentiel de disposer d’un système de transport sécuritaire et efficace. Je sais pertinemment que le transport de l’énergie fera partie du cadre de cette discussion, car il s’agira de la ressource la plus importante à être déplacée hors du pays à l’avenir. Il va sans dire qu’un réseau de transport sécuritaire et efficace favorise les échanges commerciaux, la prospérité économique et une qualité de vie accrue au moyen de coûts peu élevés, d’une hausse de la productivité, de la meilleure utilisation possible de tous les modes de transport et du recours à l’innovation.

 La sécurité des transports, et plus particulièrement le transport sécuritaire du carburant par voie ferroviaire est l’une des préocupations principales pour Transport Canada.

La sécurité des transports, et plus particulièrement le transport sécuritaire du carburant par voie ferroviaire est l’une des préocupations principales pour Transport Canada.

Le gaz naturel sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) et de gaz naturel comprimé (GNC) est de plus en plus perçu comme un carburant de transport abordable et propre, particulièrement pour les parcs de véhicules composés de camions et de véhicules non routiers. On envisage également l’utiliser de plus en plus comme carburant pour le transport maritime et ferroviaire.  À votre avis, quelles sont les perspectives dans ce domaine?

Le gaz naturel utilisé comme carburant de transport est une solution sensée que j’appuie pleinement. Les avantages du GNL utilisé à titre de carburant sont significatifs, pouvant se traduire par des économies de carburant de l’ordre de 40 % et réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 30 %, comparativement au diesel.

Nous avons tenu des séances de consultation exhaustives avec l’industrie et constaté que l’une des possibilités les plus prometteuses pour l’utilisation du gaz naturel est le secteur des parcs de camions lourds et mi-lourds. Utiliser le gaz naturel comme carburant de transport est judicieux d’un point de vue économique et de la diminution des GES. Comme je l’ai déjà dit, tout réside dans l’utilisation du bon carburant, au moment et à l’endroit voulus.

Il faut également mentionner que le Canada collabore avec l’Organisation maritime internationale (OMI) pour élaborer un code obligatoire visant à réglementer la sécurité pour les navires de charge et les navires de passagers qui utilisent du gaz ou d’autres types de carburant à point éclair bas. Dans l’intervalle, le Bureau d’examen technique en matière maritime (BETMM) est chargé d’approuver les équivalences de sécurité pour les navires propulsés au GNL au Canada, en fonction des codes et règlements internationaux existants.

Le gaz naturel utilisé comme carburant de transport est une solution sensée.

Le gaz naturel utilisé comme carburant de transport est une solution sensée.

Le Plan prospectif conjoint du Conseil États-Unis/Canada de coopération en matière de réglementation jette les bases nécessaires à l’amélioration de la collaboration entre les organismes et ministères chargés de la réglementation. Le plan permettra aux entreprises de poursuivre leurs activités dans les deux pays au moyen de 24 domaines prioritaires, dont l’utilisation du gaz naturel comme carburant de transport. Je présume que Transports Canada joue encore là un rôle important? 

Je suis très fière de la participation de notre Ministère aux travaux du Conseil. Les liens qui unissent Transports Canada et le ministère des Transports des États-Unis sont en effet perçus comme un modèle de coopération. Nous progressons bien et tenons des rencontres toutes les deux semaines pour faciliter les choses des deux côtés de la frontière.

On vous a confié le ministère des Ressources naturelles, et vous êtes maintenant à la tête du ministère des Transports. Ce sont là deux portefeuilles essentiels pour notre secteur d’activités. À mesure que nous examinons l’utilisation du gaz naturel comme option énergétique propre et abordable pour les collectivités canadiennes qui ne sont pas actuellement reliées à un réseau de distribution de gaz naturel, et que nous envisageons l’utiliser comme carburant de transport, quel est votre avis sur ce que nous pourrions faire pour offrir à davantage de Canadiens le recours au gaz naturel? 

Environ 55 foyers et entreprises de la région rurale de Milton, où j’habite, ont appris que le gaz naturel est un choix énergétique propre, fiable et abordable et sont passés à l’utilisation du gaz naturel avant la prochaine saison hivernale de chauffage. Je crois donc qu’il vaut la peine de continuer à sensibiliser les collectivités du Canada qui n’ont actuellement pas accès au gaz naturel aux possibilités et aux avantages que cette option offre. Pour sa part, notre gouvernement continuera d’appuyer l’utilisation responsable de l’énergie qui permet de réaliser des économies pour la population canadienne et contribue à créer des emplois, à favoriser la croissance  et la prospérité au pays. Je suis convaincue que Transports Canada et Ressources naturelles Canada continueront d’être intéressés à mieux comprendre les possibilités qui s’offrent à nous au pays pour l’utilisation du gaz naturel.