Séance de questions avec les leaders territoriaux canadiens : l’énergie dans le nord

Les trois territoires comptent pour environ 40 % de la superficie du Canada. On y trouve aussi certaines des conditions climatiques et géographiques les plus rigoureuses au pays. Mais ce qui importe davantage, c’est qu’y vivent un peu plus de 100 000 Canadiens. Le fait de vivre dans de petites communautés dans des conditions aussi difficiles donne à leurs habitants un sens plus profond du rôle critique de l’énergie pour notre bien-être qu’à la plupart des autres citoyens canadiens. Au cours d’une période de deux semaines, j’ai eu l’occasion de rencontrer Brad Cathers, ministre du Yukon responsable de la Société de développement du Yukon et la Société d’énergie du Yukon; Bob McLeod, premier ministre des Territoires du Nord-Ouest; J. Michael Miltenberger, ministre de l’Environnement et des Ressources naturelles des Territoires du Nord-Ouest et ministre responsable de la Société d’énergie des Territoires du Nord-Ouest; et Peter Taptuna, premier ministre du Nunavut. Nous avons discuté des défis et des occasions liés à l’énergie dans le Nord canadien. Voici certain des moments marquants de nos échanges.

Dans le Nord, le développement économique figure au nombre des grandes priorités de chacune des administrations territoriales, et il y a fort à parier qu’il passera par la mise en valeur des très abondantes ressources naturelles de chacune. Or, le développement des ressources naturelles exige énormément d’énergie – dans l’avenir, à quoi ressemblera la demande en énergie?

Ministre Cathers, Yukon : Le gros de la demande énergétique d’aujourd’hui est satisfait par le réseau d’électricité existant. Nous sommes à examiner les sources de production d’électricité de prochaine génération dans la perspective d’étendre le réseau pour répondre aux besoins d’une population croissante. Quant au développement économique de demain, nous devrons pouvoir miser sur des sources énergétiques hors réseau fiables – il semble que la source que privilégie les compagnies soit le gaz naturel liquéfié (GNL). Par exemple, dans le cas du projet de la mine Casino, le plus grand des projets miniers potentiels en cheminement, la consommation énergique totale prévue est plus ou moins équivalente à la production de notre réseau actuel. On estime que le GNL constitue une solution énergétique hors réseau économique et écologique pour satisfaire cette demande appréciable.

Premier ministre McLeod, T. N.-O. : La demande dans les Territoires du Nord-Ouest est aussi appelée à croître à mesure qu’augmentera notre population et la demande industrielle. Dans l’immédiat, nous misons sur l’électricité, le diesel et la biomasse. Nous sommes à élaborer un nouveau plan énergétique pour les T. N.-O. dans le cadre duquel on se penchera sur le panier idéal de sources énergétiques pour répondre à cette demande. Le GNL est beaucoup moins dispendieux que le diesel et nous estimons qu’il s’agit d’une occasion importante à saisir pour fournir davantage d’énergie propre et abordable, surtout aux projets de mise en valeur des ressources.

Premier ministre Taptuna, Nunavut : Le Nunavut est à l’aube d’une période de prospérité économique. Vu le taux actuel de croissance de l’activité minière, cela agira à la hausse sur la consommation énergétique. C’est dès maintenant que le Nunavut doit planifier à cet égard car une part de cette activité industrielle pourrait bien se dérouler davantage à proximité de nos communautés. À l’heure actuelle, le Nunavut dépend exclusivement de la production d’électricité au moyen de diesel. Et bon nombre de nos centrales électriques ont dépassé leur durée de vie utile. Réduire cette dépendance est une priorité à long terme. Là où se déroulent présentement des projets miniers, les localités ne sont pas – le plus souvent – raccordées à nos communautés. De fait, elles deviennent presque des villages autonomes dotés de leur propre infrastructure énergétique.

« La demande [d’énergie] dans les Territoires du Nord-Ouest est aussi appelée à croître à mesure qu’augmentera notre population et la demande industrielle ».

« La demande [d’énergie] dans les Territoires du Nord-Ouest est aussi appelée à croître à mesure qu’augmentera notre population et la demande industrielle ».

Les groupes électrogènes diesel sont une infrastructure énergétique très courante dans le Nord et une bonne part de ce parc arrive à la fin de sa durée de vie utile. Envisagez-vous des investissements importants pour remplacer cette infrastructure vieillissante? Entendez-vous changer de combustible?

Ministre Cathers, Yukon : Nous avons, au Yukon, des groupes électrogènes diesel qui, initialement, devaient suppléer aux centrales de production hydroélectrique durant les périodes de pointe de la demande d’électricité. Or, aujourd’hui, nous sommes à la limite de notre capacité hydroélectrique et nous commençons à miser davantage, surtout l’hiver, sur des groupes électrogènes diesel pour répondre à la demande. La Société de développement du Yukon a entrepris de définir ce qui constituerait le meilleur remplacement des groupes électrogènes diesel et, bien que nous examinions la possibilité de recourir à des sources d’énergie renouvelable de prochaine génération, à l’heure actuelle, c’est le GNL qui a été identifié comme le combustible le plus fiable et le plus économique.

Premier ministre McLeod, T. N.-O. : Nous utilisons le diesel et dépendons de ce combustible. Mais il coûte cher et les systèmes vieillissent. Bien que notre sous-sol regorge de ressources en gaz naturel, notre problème en est un d’économie d’échelle : sans marchés d’exportation, nous n’avons ni la demande industrielle ni la population pour justifier la mise en valeur de ces ressources dans les T. N.-O. Nous devons plutôt nous tourner vers des solutions d’énergie de substitution au gaz naturel, comme le GNL, qui s’avère la solution énergétique la plus abordable en remplacement du diesel.

Ministre Miltenberger, T. N.-O. : De fait, on nous livre déjà du GNL par camion, de Delta, en C.-B., jusqu’à Inuvik. Même en tenant compte des coûts liés à la longueur appréciable de cette chaîne d’approvisionnement – 3 500 km dans une seule direction –, le GNL demeure beaucoup moins dispendieux que le diesel. Si une infrastructure de GNL devrait être aménagée quelque part dans le Nord, cela réduirait les coûts imputables à la longueur de la chaîne d’approvisionnement et le rendrait encore plus fiable et abordable. Il y a aussi des mines et d’autres communautés qui utilisent des groupes électrogènes diesel qui pourraient bénéficier de ce virage vers le chauffage et la production d’électricité au moyen de GNL.

Premier ministre Taptuna, Nunavut : Il existe des possibilités de réduire notre dépendance au diesel, surtout compte tenu des coûts élevés de produire de l’énergie. Ce que nous devons examiner, en prévision de l’avenir, ce sont les occasions de partenariat avec certains de nos principaux intervenants, c’est-à-dire collaborer avec le Canada, nos organisations inuit bénéficiaires et les grandes entreprises. Nous devons aussi tenir compte des économies d’échelle, car bon nombre des communautés sont de très petite taille et ne pourraient financer par elles-mêmes de tels projets d’investissement en infrastructure.

Ministre Brad Cathers, Yukon

Plusieurs d’entre vous avez mentionné que le GNL est une source d’énergie importante de demain – estimez-vous que ce produit ou son utilisation présente des défis ou suscite des préoccupations?

Ministre Cathers, Yukon : Nous entendons parler de préoccupations concernant les émissions fugitives, la sécurité et le recours (encore une fois) à des combustibles fossiles pour produire de l’énergie. Pour toutes les administrations, peu importe la province ou le territoire, les choix énergétiques – hydroélectricité, combustibles fossiles ou autre – suscitent des préoccupations quand aux coûts et aux impacts environnementaux et sociaux. Les gouvernements et l’industrie doivent aborder les besoins énergétiques courants et futurs des citoyens tout en s’assurant qu’il soit bien tenu compte de ces préoccupations. Les gens veulent pouvoir disposer d’une source d’énergie fiable, abordable et propre.

Premier ministre McLeod, T. N.-O. : Il ressort de notre analyse que le GNL est moins dispendieux et qu’il produit moins d’émissions que le diesel. Ces éléments d’information doivent être mieux décrits et communiqués. Ce sont les communautés externes qui sont raccordées à leur propre réseau qui, à notre avis, sont la cible la plus prometteuse pour le GNL. Parfois, ces communautés doivent composer avec de faibles niveaux d’eau – comme c’est le cas cette année – ce qui engendre une baisse de la production hydroélectrique et nous oblige à disposer de solutions de rechange fiables. Jusqu’à ce jour, cette solution de rechange a été le diesel mais ces systèmes ont vieillis et présentent d’autres problèmes.

Ministre Miltenberger, T. N.-O. : Ce dont nous entendons le plus parler, ce sont de préoccupations à propos du coût de la vie et de la façon dont nous pouvons réduire le coût de la vie des familles et des entreprises de nos communautés. Dans le cadre du plan énergétique auquel nous travaillons, nous examinerons toutes les sources d’énergie et évaluerons toutes les solutions de rechange au diesel au profit de nos communautés locales et de nos industries dans une perspective de fiabilité, d’abordabilité et de protection de l’environnement.

Premier ministre Peter Taptuna, Nunavut

Premier ministre Peter Taptuna, Nunavut

Premier ministre Taptuna, Nunavut : Dans l’immédiat, le Nunavut n’a pas compétence sur les fonds marins ou sur les ressources dans les terres de l’État et les fonds marins du Nunavut. Il s’agit de quelque chose que nous souhaitons changer en concluant une entente définitive sur le transfert de responsabilités entre le Canada et le Nunavut. Si on ne tient compte que du gaz naturel dans le Haut-Arctique, on estime qu’il y a des réserves totalisant 27 billions de pieds cubes de gaz naturel dans le bassin de Sverdup.

Est-ce que la diminution des prix du pétrole influe sur votre façon de prendre des décisions en matière d’énergie?

Ministre Cathers, Yukon : Le recul des prix du pétrole a un impact sur l’économie du Canada et nous l’évaluons pour en cerner l’incidence sur les tendances du marché et le coût futur de l’énergie au Yukon. Entre-temps, nous allons de l’avant avec notre plan d’ajouter des groupes électrogènes au GNL, d’investir dans notre réseau d’électricité, et d’examiner le recours à des producteurs d’électricité indépendants, tant pour ce qui est de la vente d’énergie excédentaire par les grandes entreprises au réseau public que directement aux consommateurs d’énergie. Pa exemple, une société minière pourrait construire une centrale au gaz naturel non raccordée au réseau et vendre son excédent d’énergie à d’autres clients industriels. Nous collaborons avec le secteur privé et les Premières Nations à cerner des occasions d’investissement.

Premier ministre McLeod, T. N.-O. : Évidemment, nous observons tous l’évolution courante des marchés du pétrole compte tenu de son impact sur l’économie canadienne. La diminution des prix du pétrole entraîne un recul des revenus pour bon nombre de gouvernements. Aux T. N.-O., il est à souhaiter que la diminution des prix du pétrole engendrera un accès plus abordable à de l’énergie – il s’agit d’une grande priorité car un des éléments importants du coût de la vie dans le Nord est le coût de l’énergie. Voilà pourquoi nous examinons des solutions de rechange comme le GNL – pour réduire nos coûts énergétiques. Ultimement, cela va de soi, nous aimerions être en mesure de produire et d’exporter une partie du gaz qui se trouve dans notre territoire et qui n’est pas encore exploité.

Premier ministre Taptuna, Nunavut : La baisse du prix du pétrole ne touche pas, dans l’immédiat, le Nunavut autant que les administrations du Sud. Le Nunavut, contrairement à ses territoires voisins, ne dispose pas de routes qui le raccorde aux territoires d’autres administrations ou qui ont pour but d’assurer des liens entre des communautés du Nunavut. Il s’ensuit que, chaque année, le Nunavut comble à l’avance la totalité de ses besoins en énergie, le combustible lui étant expédié durant les mois d’été et entreposé dans des réservoirs dans chacune de nos 25 communautés. Pour ce qui est de l’achat de combustible, au cours des prochains mois, le gouvernement pourra peut être tiré profit des prix du pétrole plus faibles aux fins de livraison au Nunavut à l’automne 2015. En évaluant ce potentiel d’économies de coûts, il faut tenir compte du financement de l’achat de combustible et de son entreposage jusqu’à sa livraison à l’automne.

« Le Nunavut, contrairement à ses territoires voisins, ne dispose pas de routes qui le raccorde aux territoires d’autres administrations ou qui ont pour but d’assurer des liens entre des communautés du Nunavut ».

« Le Nunavut, contrairement à ses territoires voisins, ne dispose pas de routes qui le raccorde aux territoires d’autres administrations ou qui ont pour but d’assurer des liens entre des communautés du Nunavut ».

À votre avis, quel devrait être le rôle du gouvernement fédéral et du secteur de l’énergie dans cette affaire?

« Le fédéral a un rôle à jouer en vue de nous aider à aménager notre infrastructure énergétique ».

« Le fédéral a un rôle à jouer en vue de nous aider à aménager notre infrastructure énergétique ».

Ministre Cathers, Yukon : Le fédéral a un rôle à jouer en vue de nous aider à aménager notre infrastructure énergétique. D’ailleurs, notre infrastructure énergétique existante a été, dans une large mesure, construite par le gouvernement fédéral car cela était perçu comme étant dans l’intérêt national et cet investissement a permis d’aménager et de renforcer l’économie du Yukon. Le volet « intérêt national » demeure et nous estimons que les investissements du gouvernement fédéral dans notre infrastructure énergétique de prochaine génération devraient aussi se poursuivre – ils sont nécessaires pour nous aider à créer des occasions à long terme ainsi qu’instaurer une solide économie au Yukon pour de nombreuses décennies.

Premier ministre McLeod, T. N.-O. : Nous devons aborder l’affaire dans une perspective à très long terme – l’occasion d’assurer le développement du Nord. Je crois que l’industrie et le gouvernement doivent véhiculer un message beaucoup mieux ciblé pour engendrer sensibilisation et compréhension à propos des questions liées à l’approvisionnement énergétique et à l’utilisation de l’énergie auxquelles est confronté le Nord. Nous devons collaborer encore davantage pour faire en sorte que les Canadiens comprennent bien les défis et les occasions avec lesquels nous devons composer.

Ministre Miltenberger, T. N.-O. : C’est une occasion à saisir, pour l’industrie de la distribution de gaz naturel, afin de faire valoir les avantages que procure le GNL : efficience et innovation, réduction des coûts énergétiques, et rôle du gaz naturel en vue de faciliter le développement industriel.

Premier ministre Taptuna, Nunavut : Quand on se penche sur le patrimoine issu de l’infrastructure énergétique fédérale dans le Nord, on constate que le Nunavut a hérité d’une centrale électrique au diesel, qui a été remplacée il y a longtemps. À l’époque, le Nunavut n’avait pas la chance de faire du développement hydroélectrique et n’a pas hérité d’une telle infrastructure, comme ce fut le cas chez des territoires voisins. En fait, quand on se compare, l’infrastructure globale du Nunavut est déficitaire. Au cours de la dernière décennie, nous avons fait des progrès avec nos homologues fédéraux et davantage d’attention a été portée aux besoins en infrastructure du Nunavut. La clé, c’est la poursuite des relations avec le gouvernement fédéral afin qu’il investisse dans notre infrastructure énergétique à long terme à mesure que s’étend notre territoire. En tant que gouvernement, nous devons aussi nous assurer que les Canadiens comprennent bien la complexité de la vie dans le Nord.

Une dernière réflexion pour nos lecteurs?

« En partenariat avec les Premières Nations, l’industrie et le Canada, nous voulons que le Yukon demeure un excellent endroit où vivre et où les prochaines générations pourront bénéficier d’une solide économie ».

« En partenariat avec les Premières Nations, l’industrie et le Canada, nous voulons que le Yukon demeure un excellent endroit où vivre et où les prochaines générations pourront bénéficier d’une solide économie ».

Ministre Cathers, Yukon : L’industrie estime que l’un des plus importants critères du développement futur du Yukon est l’accès à une infrastructure énergétique abordable et fiable. Voilà l’une des raisons pour lesquelles nous nous employons à bien planifier la prochaine étape du développement hydroélectrique sur notre territoire, les améliorations à la micro-production électrique et l’élaboration de la politique concernant les producteurs d’électricité indépendants. Nous reconnaissons aussi que les habitants du Yukon sont préoccupés par l’impact environnemental des choix énergétiques, par leur abordabilité et par le coût de l’énergie. Nous éclairons ces discussions et nous nous assurons que le public comprenne bien l’éventail de nos choix énergétiques, et les questions d’efficience et d’économie d’énergie. En partenariat avec les Premières Nations, l’industrie et le Canada, nous voulons nous assurer d’emprunter la bonne voie pour veiller à ce que le Yukon demeure un excellent endroit où vivre et où les prochaines générations pourront bénéficier d’une solide économie.

Premier ministre McLeod, T. N.-O. : Personne n’avait imaginé que, cette année, le prix du pétrole serait inférieur à 50 $ le baril. Il y a un an, les faibles niveaux d’eau et leur impact sur la production d’hydroélectricité ne nous inquiétaient pas. Nous ignorons quel sera le prochain gros changement. Mais nous savons que nous devons planifier à long terme, que nous devons avoir la capacité de nous adapter aux changements et que nous devons nous donner des choix.

Sense horaire : Ministre J. Michael Miltenberger, T.N.-O.,  Premier ministre Bob McLeod,  T.N.-O. et Timothy M. Egan, Président et chef de la direction de l’Association canadienne du gaz.

Sense horaire : Ministre J. Michael Miltenberger, T.N.-O., Premier ministre Bob McLeod, T.N.-O. et Timothy M. Egan, Président et chef de la direction de l’Association canadienne du gaz.

Ministre Miltenberger, T. N.-O. : Nous sommes à élaborer un plan à long terme car nous croyons que nous, aux Territoires du Nord-Ouest, disposons d’une occasion de bien mettre en valeur, et de façon durable, nos ressources. Dans ce plan, il sera question de gaz naturel, de biomasse et d’autres orientations que nous n’avons encore jamais empruntées.

Premier ministre Taptuna, Nunavut : Bien qu’il soit le plus récent membre de la Confédération et le plus petit d’entre eux au plan de sa population, le Nunavut a quand même beaucoup à offrir. Nous avançons à grands pas dans tous les domaines du développement et bon nombre de provinces du Sud bénéficient de la croissance de tous nos secteurs d’activité industrielle. Nous voulons contribuer à l’économie canadienne et, ultimement, cela englobera aussi notre secteur énergétique. Le potentiel du Nunavut en termes de pétrole et de gaz est énorme. Selon les estimations, le Nunavut dispose d’environ le tiers des ressources pétrolières totales du Canada, les ressources classiques non découvertes étant estimées à entre 25 et 267 milliards de barils de pétrole et 285 à 1 228 billions de pieds cubes de gaz naturel.

Timothy M. Egan est président et chef de la direction de l’Association canadienne du gaz.