Vision future : Tim McMillan discute de son nouveau rôle à l’ACPP

Entretien avec Tim McMillan, président et chef de la direction de l’Association canadienne des producteurs pétroliers

Tim McMillan, président et chef de la direction de l’ACPP

Tim McMillan, président et chef de la direction de l’ACPP

Le nouveau président et chef de la direction de l’Association canadienne des producteurs pétroliers n’hésite pas à déclarer qu’il oriente le groupe influent vers une direction légèrement nouvelle, une qui vise à promouvoir l’industrie à la base.

Tim McMillan considère que les personnes mêmes qui travaillent sur le terrain – dans les installations de forage, dans le secteur des services, au sein des équipes de fracturation – sont les meilleurs ambassadeurs des champs pétroliers canadiens, souvent dénigrés, auprès des Canadiens eux-mêmes.

« Les membres de l’industrie doivent donner davantage de responsabilités aux personnes qui ont l’expertise voulue pour parler de leur travail », déclare M. McMillan lors d’une entrevue accordée au Magazine ÉNERGIE.

Ancien ministre de l’Énergie de la Saskatchewan qui a dirigé pendant plusieurs années sa propre société offrant des services relatifs aux activités pétrolières, M. McMillan indique que même si l’Ouest canadien participe depuis longtemps au développement énergétique, l’industrie est relativement récente dans la plupart des autres régions du pays. Il croit que les personnes qui travaillent dans le secteur pétrolier qui viennent de régions comme les Maritimes ou le Québec pourraient contribuer à mieux faire comprendre le secteur pétrolier et gazier dans leur région.

Travailleur des champs pétrolier

Travailleur des champs pétrolier

« Je pense que nous avons une expérience avérée de campagnes publicitaires nationales pour parler de notre industrie et pour parler de nos valeurs. Nous allons continuer sur notre lancée, mais en mettant davantage l’accent sur le terrain, sur des rencontres impliquant des personnes qui peuvent travailler dans notre industrie comme défenseurs de nos intérêts, sur la recherche d’expertise au-delà des voix habituelles, dans le but d’avoir plus d’intervenants qui peuvent parler en toute connaissance de la façon dont nous exploitons notre industrie. Et nous pensons que cela sera efficace pour les Canadiens qui sont intéressés par le sujet ».

« l’Association a un important rôle à jouer pour établir la confiance et faire mieux comprendre l’industrie de l’énergie dans son ensemble ».

Le développement de la fracturation hydraulique en plusieurs étapes afin d’aider à « fracturer » les formations de pétrole et de gaz dites de réservoirs étanches a entraîné une forte augmentation de l’utilisation de la technologie de fluide intense à haute pression. Avec l’augmentation de l’utilisation de cette technologie sont apparues des préoccupations grandissantes au sujet de la contamination des eaux souterraines et des tremblements de terre causés par la fracturation, ce qui a amené des provinces, comme le Nouveau-Brunswick, le Québec et la Nouvelle-Écosse, ainsi que certaines régions de Terre-Neuve-et-Labrador à imposer un moratoire sur son utilisation.

Selon M. McMillan, l’Association a un important rôle à jouer pour établir la confiance et faire mieux comprendre l’industrie de l’énergie dans son ensemble.

« Ce que nous constatons de plus en plus souvent dans certaines parties du Canada où notre industrie est présente, c’est que là où nous avons le taux d’acceptation le plus élevé, les gens qui nous comprennent le mieux nous apprécient le plus. Mais le Canada est un pays très vaste, et nous devons établir un pont dans cet immense espace géographique, et c’est à cet égard que l’ACPP a un rôle à jouer ».

L’industrie du pétrole et du gaz du Canada fait face à des défis plus immédiats, principalement la chute spectaculaire des prix des matières premières depuis l’été dernier. La baisse des prix du pétrole sous les 50 $US le baril par rapport au sommet de 104 $US de juin dernier a entraîné une réduction d’environ C$25 milliards de dollars canadiens des budgets d’immobilisations et des prévisions d’une perte de recettes de 50 milliards de dollars.

L’Association, qui représente la majorité des producteurs canadiens de pétrole et de gaz, concentre ses efforts à s’assurer que l’industrie demeure concurrentielle sur le plan des coûts dans le contexte mondial et à relever les défis liés aux infrastructures pour assurer l’accès aux marchés.

« Le secteur canadien de l’énergie est sujet depuis longtemps à une fluctuation des prix, et est établi selon le modèle d’affaires des entreprises qui réussissent à long terme, dit-il. Il s’agit d’une industrie très entrepreneuriale qui s’adapte et s’ajuste en conséquence ».

« La demande du gaz naturel comme combustible sur les marchés asiatiques a fait surgir de nombreux projets ».

McMillan voit dans le gaz naturel liquéfié une excellente occasion pour les producteurs canadiens de vendre des approvisionnements croissants en gaz naturel sur de nouveaux marchés. La demande du gaz naturel comme combustible sur les marchés asiatiques a fait surgir de nombreux projets dans le monde entier pour tenter d’obtenir des prix supérieurs liés au marché du pétrole pour cette ressource.

« Nous devons toutefois être conscients que nous ne sommes pas seuls, l’Australie et les États-Unis possèdent certaines des caractéristiques qu’offre le Canada pour les investisseurs et nous devons demeurer concurrentiels, prévient-il. Si nous voulons demeurer concurrentiels, nous devons être concurrentiels sur le plan des coûts, nous devons nous assurer que nous faisons ce que nous pouvons pour nous positionner afin d’obtenir les décisions finales d’investissement, si nous voulons être en mesure de développer une industrie ayant une durée de vie très longue et durable au Canada ».

Tim McMillan a récemment présenté à une conférence mené par les Syndicats des métiers de la construction au Canada à Gatineau, QC.

Tim McMillan a récemment présenté à une conférence mené par les Syndicats des métiers de la construction au Canada à Gatineau, QC.

L’ACPP est d’avis que les modifications fiscales au dernier budget fédéral entourant le traitement de la dépréciation des immobilisations des installations de GNL étaient essentielles, et elle a été heureuse qu’elles soient apportées.

Au moment où les prix du pétrole brut ont commencé à grimper en réaction aux producteurs qui fermaient leurs plates-formes et réduisaient leurs approvisionnements, l’élection d’un gouvernement néo-démocrate majoritaire le 5 mai dernier fait en sorte que l’industrie est préoccupé par la perte possible des gains réalisés à cause du vœu de la première ministre nouvellement élue Rachel Notley d’augmenter l’impôt des sociétés, de revoir les taux de redevance et de resserrer l’application de la réglementation environnementale.

Selon M. McMillan, comme il l’a écrit sur le site Web de l’ACPP à la suite de la victoire écrasante du NPD, alors que certains groupes continuent d’affirmer que l’Alberta doit augmenter les redevances et l’impôt sur les sociétés versé par l’industrie, ajouter des coûts supplémentaires de toutes sortes serait irresponsable et mettrait en péril un plus grand nombre d’emplois.

En ce qui a trait à l’Association elle-même, M. McMillan fait remarquer qu’il existe des possibilités d’un bout à l’autre du pays, et que nous devons continuer à raconter l’histoire de notre industrie, expliquer le fonctionnement de notre industrie et le fait que nous sommes dotés d’une structure réglementaire appropriée, en fait que nous avons l’une des meilleures structures au monde. Les Canadiens doivent nous poser ces questions et nous avons des réponses pertinentes à leur fournir.

Dina OMeara est une ex-rédactrice d’affaires du Calgary Herald et est maintenant consultante en communication.